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 Sujet du message: Interview de JKR - 10 décembre 2005 - BBC Radio 4
MessagePosté: 25 Fév 2006 20:42 
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Interview de J.K. Rowling par Stephen Fry (l'acteur qui s'occupe des versions audio des livres de Rowling), le 10 décembre 2005. BBC Radio 4





Contexte : cette interview a été enregistrée à la fin de l’été 2005 et diffusée en tant que cadeau de Noël.
La transcription a été réalisée par Matthew, de Veritaserum, et corrigée par Roonwit et Lisa Bunker.



Stephen Fry : C’est à Noël, il y a 5 ans, que j’ai fait l’étrange expérience d’entendre ma voix à la radio durant toute une journée : c’était le 26 décembre [un jour férié dans les pays anglophones] et Radio4 diffusait l’enregistrement de Harry Potter à L’Ecole des Sorciers.
Ce fut un privilège d’être la voix du travail de J.K. Rowling pour 6 livres, 2 764 pages et 100 heures et 55 minutes d’enregistrement.
Les personnages sont des amis – et des ennemis – pour moi, mais comme des millions d’autres j’attends avec impatience chaque nouvel épisode.
La première fois que j’ai rencontré Jo remonte à presque sept ans, quand elle est venue au studio où j’enregistrais le premier livre. Il est de notoriété publique qu’elle est très discrète sur son travail, et comme des millions de fans de Harry Potter, j’ai soif de savoir comment c’est de vivre avec Harry, d’où l’inspiration pour les livres lui vient, ce qu’elle pense des critiques, et ce qu’elle fera après avoir terminé le dernier chapitre.
Alors quand Jo a accepté d’enregistrer une conversation avec moi, j’ai sauté sur l’occasion.

Jo, j’imagine qu’une bonne question, pour commencer, serait simplement de vous demander dans quel personnage vous vous retrouvez le plus quand vous écrivez ou quand vous relisez ce que vous venez juste d’écrire.


J.K. Rowling : Probablement Harry, vraiment, parce qu’il faut que je me mette à sa place plus qu’à celle des autres, étant donné que tout est raconté de son point de vue. Mais je pense qu’il y a un peu de moi dans tous les personnages. On dit des écrivains, euh, je pense qu’il est impossible de ne pas mettre un peu de soi dans aucun des personnages, parce qu’il faut imaginer leurs motivations.

SF : Aviez-vous pensé, en planifiant toute l’histoire sans même savoir si le premier livre serait publié, qu’autant de gens qui ne sont jamais allé en pension s’identifieraient au monde très particulier des pensions anglaises représenté par Poudlard ?

JKR : En fait, je ne suis jamais allée en pension moi-même. J’ai reçu une éducation très générale. Mais il était essentiel pour l’intrigue que les enfants se trouvent au même endroit le jour et la nuit. Ils ne pouvaient pas être dans une école normale, parce que l’action s’effondrerait s’ils rentraient chez eux chaque soir, qu’ils parlaient à leurs parents, et que toutes les semaines ils doivent s’introduire par effraction dans l’école pour s’y balader pendant la nuit. Il fallait que ce soit un pensionnat. Ce qui était logique, car où les sorciers pourraient-ils éduquer leurs enfants ? Cet endroit regorgerait d’odeurs, de bruits, d’éclairs de lumière, et il faudrait qu’il se trouve dans un endroit éloigné pour éviter que des Moldus ne tombent trop souvent dessus.

Mais je pense que les lecteurs reconnaissent peut-être davantage la réalité représentée par un groupe d’enfants enfermés ensemble que l’ambiance d’un pensionnat. Je ne suis pas certaine d’être familière de cette ambiance, mais je pense savoir comment sont les enfants quand ils sont ensemble.

SF : En fait, vous avez inventé un monde – ça semble être la clé du succès pour une fiction, avoir un monde régi par ses propres règles, sa propre éthique, sa propre culture, son propre sens commun – et c’est ce que vous avez fait, et c’est pourquoi il n’est pas inhabituel d’entendre des enfants et des adultes dire qu’ils rêvent d’aller à Poudlard, qu’ils rêvent de se trouver aux côtés de Harry, Ron et Hermione, et ainsi de suite. Et naturellement, ce en qui résulte également, c’est que vous recevez d’étranges avertissements de la part de personnes que j’ai toujours imaginées avec des cheveux couleur acier, une aiguille à tricoter plantée dedans et un chignon, et qui disent que d’une certaine manière, tout ça est dangereux…

JKR : Oui.

SF : … pour certaines personnes, et en laissant de côté le débat selon lequel la magie serait dangereuse ou pas, débat que je pense, nous pouvons ignorer parce que…

[Tous les deux rient]

SF : … parce qu’il semble impliquer un tel degré de bêtise.

JKR : C’est ça. Il y a deux cents ans, les jeunes filles n’avaient pas le droit de lire des romans parce que cela les exciteraient et leur ferait espérer des choses qui n’existent pas. Et je me rappelle avoir été très affligée, étant jeune, de lire qu’on avait dit à Virginia Woolf de ne pas écrire car cela aggraverait son état mental.

Nous avons besoin d’un endroit dans lequel nous pouvons nous évader, que l’on soit auteur ou lecteur, et bien sûr, le monde que j’ai créé est un exemple particulièrement attirant d’un monde dans lequel il est très agréable de s’évader. Cette magnifique image chez C.S. Lewis, quand il y a les mares – le monde entre les mondes – dans lesquelles on peut sauter pour accéder aux différents mondes. Et ça, pour moi, ç’a toujours été une métaphore pour bibliothèque. Je sais que ce n’est pas à cela que pensait Lewis en l’écrivant, bien sûr…

SF : Oui, il écrivait des métaphores chrétiennes.

JKR : C’était plus une métaphore chrétienne pour lui, oui. Mais pour moi, il s’agissait de sauter dans ces mares, d’entrer dans différents mondes et, quel endroit magnifique. Et pour moi, c’est ce que la littérature devrait être. Alors, qu’on aime Poudlard on qu’on le déteste, je ne pense pas qu’on puisse le critiquer pour être un monde que les gens apprécient.

SF : Non. Absolument. C’est pour ça qu’il a tellement d’emprise sur notre imagination.

JKR : J’ai lu une interview de vous, dans laquelle j’ai été très flattée de voir que vous établissiez un parallèle entre ce monde et celui de Sherlock Holmes, et j’ai trouvé cette comparaison très flatteuse. Elle a eu de l’écho en moi parce que quand je lisais les histoires de Holmes, c’est bien sûr un monde qui n’a jamais vraiment existé, et pourtant on peut croire de tout son cœur à son existence et, encore plus important, on veut qu’il ait existé, n’est-ce pas ?

SF : Exactement.

JKR : C’est pourquoi la lecture est un divertissement si fabuleux.

SF : Oui. Et c’est pourquoi Sherlock Holmes reçoit encore, jusqu’à ce jour, des lettres au 221b Baker Street.

JKR : Exactement, oui.

SF : Et bien sûr c’est étrange que vous soyiez accusée de créer à la fois un monde dans lequel les enfants peuvent s’épanouir grâce à la fantaisie qui les fait s’évader, et un monde qui les effraie…


JKR : Mmm.

SF : …parce que il est si rempli de méchanceté et de danger…


JKR : Mmm.

SF : …et que ça pourrait les perturber. Maintenant, aucun de ces deux mondes ne peut être réel.


[Tout deux rient.]

SF : Mais je pense que c’est une des avancées que vous avez opérées dans la littérature pour enfants avec cette série remarquable, vous n’avez pas dissimulé le difficile, l’effrayant et la traîtrise et l’injuste et tout ce qui manipule le plus l’esprit des enfants.


JKR: Je ressens très fortement qu’il y a un mouvement pour épurer la littérature parce que nous essayons de protéger les enfants, non pas nécessairement des sinistres aspects de la vie, mais de leur propre imagination.

Je me rappelle avoir été en Amérique il y a quelques années et Halloween approchait, et trois programmes de télévision d’affilée parlaient de la façon d’expliquer aux enfants que ce n’était pas réel. Maintenant il y a une raison pour laquelle nous créons ces histoires, et nous les avons toujours créées, et une raison pour laquelle nous avons eu ces festivals païens, et la raison pour laquelle même l’église autorise un certain niveau de peur…nous avons besoin de ressentir la peur, et nous avons besoin de confronter cela dans un environnement contrôlé. C’est très important pour grandir, je pense. Et l’enfant qui a été protégé des Détraqueurs en fiction, je dirais, est bien plus susceptible de devenir une proie pour eux plus tard dans la vie réelle.

Et aussi, que disons-nous aux enfants qui ont des pensées effrayantes et dérangeantes ? Nous disons que c’est faux, que ce n’est pas naturel, et ce n’est pas quelque chose qui est dans la condition humaine. Qu’ils sont en quelques sortes bizarre ou malade.

SF : Exactement.

JKR : C’est une chose très dangereuse à dire à un enfant.

SF : Et la culpabilité entraîne le plus souvent la violence chez l’homme. Et si les gens grandissent en pensant qu’ils sont bizarres parce qu’ils ont des pensées sombres ou qu’ils sont conscients du côté plus obscur du monde et de leurs vies, alors cela va faire d’eux d’horribles êtres humains, n’est-ce pas ?

JKR : [doucement] Je suis totalement d’accord.

SF : Une des fonctions de l’écriture, dans un sens, est de nous montrer qu’on n’est pas tout seul.

JKR : Oui, oui, c’est vrai, et certainement, j’ai découvert que je n’étais pas toute seule à travers les livres, je pense, plus que je ne l’est fait à travers l’amitié dans ma jeunesse, car j’étais plutôt une enfant introvertie, et c’est à travers la lecture que j’ai réalisé que je n’étais pas seule sur divers plans.

SF : Absolument. Et c’est une cause principale d’anxiété, si vous voulez, que le lecteur soit toujours confronté à Harry, qu’il y ait cette extraordinaire proximité qu’il a avec Voldemort, celui dont on ne doit pas prononcer le nom, mais qui doit être nommé. Et je pense qu’au fur et à mesure que la série progresse nous nous disons « Mince, ce n’est plus très long maintenant ; que va-t-il se passer ? » Il y a beaucoup de spéculations, et je ne vous demande pas de donner des réponses ici, mais il y a beaucoup de spéculations, par exemple jusqu'à quel point cette relation est proche…

JKR : Mmm.

SF : …entre le sorcier le plus sombre de tous et notre héros, qui a sauvé le monde.

JKR : Bon, la question que l’on m’a beaucoup posé très tôt était : « Voldemort est-il réellement le père de Harry ? ». Et bien sûr, c’est une question à la Star Wars…

SF : Exactement. Totalement Star Wars.

[Tout deux rient.]

JKR : …réellement, n’est-ce pas ? Et, non, ils ne vont pas se changer en Dark Vador et Luke Skywalker. Voldemort n’est pas du tout, biologiquement parlant, relié à Harry.

SF : En fait, c’est une très bonne réponse. Je crois que l’une des fins qui revient le plus souvent, je ne sais pas si vous êtes au courant de cela, aussi vite que vont les paris, et que Harry va vaincre Voldemort aux dépens de tous ses propres pouvoirs, et il finira par revenir dans le monde en tant que simple Moldu. [JKR pousse un cri relevant du râle de façon théâtrale]. Ce qui est une idée extraordinaire.

JKR : C’est une bonne fin.

SF : C’est une bonne fin ! Vous pouvez l’utiliser si vous voulez.

JKR : Et être poursuivie pour plagiat par environ 13 millions d’enfants.

SF : C’est votre problème n’est-ce pas ? Vous ne pouvez rien lire…

JKR : [gloussant] Non, je ne peux pas.

SF : …d’écrit par n’importe quelle personne autre que vous, juste au cas ou. Bien, parlons si vous le voulez bien, de ce monde que vous avez utilisé en des termes traditionnels, des lutins de Cornouailles à, vous savez, les kelpies et, vous savez, la mention de types de plantes particulier, comme les Mandragores et ainsi de suite.

JKR : Mmm.

SF : Tous sont réel et de nombreux enfants vont penser, bien évidemment, que vous les avez complètement inventés.

JKR : J’ai pris d’horribles libertés avec le folklore et la mythologie, mais je n’en ai pas tellement honte, parce que le folklore et la mythologie britannique sont totalement hybrides. Vous savez, nous avons été envahis par des peuples, nous nous sommes appropriés leur dieux, nous avons pris leurs créatures mythiques, et nous avons soudé le tout ensemble pour faire, je le pense, un des plus riches folklores du monde, parce qu’il est si varié. Donc je n’ai aucun remord à me servir librement et à ajouter quelques choses de mon cru.

SF : Absolument.

JKR : Mais vous avez raison, oui, les enfants savent, évidemment, ils savent que je n’ai pas inventé les licornes, mais j’ai dû expliquer fréquemment que je n’ai pas non plus inventé les hippogriffes. Bien qu’un hippogriffe soit plutôt obscur ; j’ai cherché des informations, parce que lorsque j’utilise une créature dont je sais qu’elle fait partie de la mythologie, j’aime découvrir le plus possible à son sujet. Il se peut que je ne l’utilise pas, mais c’est utile pour la rendre aussi consistante que je le ressens lorsqu’elle est bonne pour mon intrigue. Il y a très peu de choses que j’ai pu lire sur les hippogriffes.

SF : C’est la carte n’est-ce pas ? C’est le « Here Be Hippogriffs. »

JKR : Exactement. « Here Be Hippogriffs. », oui.

SF: Comme “Heffalumps in Pooh”.

JKR: Mais les hippogriffes ne semblent pas avoir été observés avec précision par de nombreux naturalistes médiévaux, donc je pouvais prendre des libertés.

[Tous deux rient.]

SF : Je présume qu’il sont comme leur nom l’indique, et cela nous nous amène à une autre de vos passions, la langue elle-même, à son niveau le plus basique de mots et de dérivations, comme Hippogriffe, qui est un mélange de l’idée…

JKR : Cheval.

SF…de l’irlandais « griffin » et du mot grec « hippo » signifiant « cheval ».

JKR : C’est exact.

SF : …ce qui est un parfait exemple du caractère hybride du folklore anglais, comme notre langue.

JKR : Comme notre langue.

SF : C’est le parfait mélange.

JKR : C’est ce qui rend notre langue si riche.

SF : Exactement.

JKR : Noble, avec de la texture, je l’adore.

SF : Et même des mots comme « Mundungus » ont un sens.

JKR : Mundungus.

SF : N’est-ce pas formidable ?

JKR : N’est-ce pas un mot fantastique ?

SF : Et ça signifie ?

JKR : Tabac puant, ce qui lui convient parfaitement.

SF : Exactement. N’est-ce pas parfait ? Maintenant, est-ce qu’en réalité vous consultez des livres de mots rares ou le OED [Oxford English Dictionary] ou ce genre de choses, ou alors avez-vous une bonne mémoire des mots ?

JKR : Hum... Je ne consulte pas vraiment les dictionnaires. Ce sont plutôt des choses que j’ai recueilli ou bien que je découvre dans mes lectures. Gilderoy est l’exception - Gilderoy Lockart. En fait, Lockart est un nom bien connu en Ecosse…

SF : Oui.

JKR : Je l'ai trouvé sur une plaque commémorative. Je cherchais un nom charmeur, impétueux, et « Lockart », sur la carte, m’a attiré, et je l’ai pris. Je n’arrivais pas à trouver un nom chrétien. Et j'ai parcouru le Dictionnaire d’Expressions et de Fables, une nuit. Je cherchais intentionnellement des choses que je pourrais utiliser, et j’ai vu Gilderoy, c’était en fait un brigand, et un très beau chenapan.

SF : Vraiment ?

JKR : Et Gilderoy Lockart, ça sonnait tellement bien.

SF : C'est parfait, parfait...

JKR : Impressionnant, et pourtant assez creux, bien sûr.

SF : En effet, exactement tel qu’il était.

JKR : tel que nous le connaissons.

SF : Bien, revenons à quelque chose de très important, moi.

JKR : Oui, revenons, revenons à cela. [les deux rient]

SF : Je me demande si la façon dont j’ai lu les livres a changé d’une façon ou d’une autre ce que vous avez écrit ?

JKR : Je sais que je vous en ai déjà parlé avant. A un moment, ma fille, Jessica, qui a maintenant 10 ans – elle adore les cassettes – et quand j’écrivais la Coupe de Feu, quand je travaillais dans la soirée, et que j’entendais votre lecture dans sa chambre, c’est une expérience qui fausse vos idées, d’écrire un livre en entendant la lecture de la Chambre, ou d’Azkaban.

SF : Oui.

JKR : C'était bizarre et j'avais l’impression de ne pas pouvoir échapper à Harry Potter. Il n’y avait pas de sortie. Je pouvais l’entendre, je pouvais le voir, et j’écrivais sur lui.

SF : Oui. Et je dois dire, sans vouloir être flatteur, que les formes, les expressions, l’équilibre des phrases font des livres des délices à lire, en un sens.

JKR : Oui, c'est vraiment gentil, et c'est vraiment agréable à entendre.

SF : C'est vraiment ... les écrivains ont quelquefois un merveilleux sens de l'écriture pour les pages et les mots arrivent dans cette partie du cerveau...

JKR : Oui.

SF : ...mais c’est vraiment, terriblement difficile.

JKR : Vous voyez, j'adore écrire les dialogues.

SF : Oui.

JKR : J'aime vraiment écrire les dialogues.

SF : Oui.

JKR : Et quand je vous entends lire, cela me donne une nouvelle sensation de plaisir, parce que je n'ai jamais lu mon travail à haute voix. Alors entendre les dialogues, et je vous entends toujours les lire avant que je n’entende les acteurs les dire – c'est vraiment un plaisir, car j'aime vraiment les écrire.

SF : Chaque fois que je m’occupe d’un nouveau livre, l’ingénieur du studio fait un CD avec tous les personnages…

JKR : Je me le rappelle, oui.

SF : Il va presque être nécessaire de faire un DVD, la prochaine fois [rires]

JKR : Oh, désolée !

SF : Pour que je puisse me rappeler, vous savez, de ce à quoi ressemble Lavande, ou alors, vous savez…

JKR : Oui.

SF : Avec un personnage particulier.

JKR : Bien sûr. Jessica voulait savoir comment vous arriviez à faire la voix d'Hermione. Elle pense que vous êtes vraiment doué pour faire Hermione et elle ne comprend pas comment quelqu'un qui a une voix si profonde peut faire une voix de fille, donc je vous demande.

SF : C'est une question intéressante. J'ai toujours aimé le comédien écossais Stanley Baxter. Vous vous rappelez de lui ?

JKR : Oh oui [rires].

SF : Et très jeune, à dix ans, j’ai remarqué que pour incarner une femme, il rendait sa voix plus grave. Au lieu d’essayer de prendre une voix de fausset, il disait : « Bonjour, je m’appelle Faith Douche » [JKR rie] ou un autre personnage bizarre comme celui-là. Et ça marche bien pour beaucoup de femmes.

JKR : Oui.

SF : Pas pour les jeunes filles, mais pour les adultes ça marche très bien.

JKR : Il s’agit d’adoucir la voix, plutôt que de…

SF : Il adoucit les voix, exactement.

JKR : Je me rappelle être venue vous voir pendant que vous enregistriez. Vous m’avez dit : « C’est très dur de « siffler » une phrase sans consonne sifflante » [Tous deux rient] Un personnage devait dire d’une voix sifflante : « Ne fais pas ça » [JKR rie de bon cœur] C’est encore une chose pour laquelle vous m’avez influencée. Quand je veux que quelqu’un siffle, ce que Rogue fait souvent, je vérifie toujours qu’il y a un « s » dans la phrase avant de…

SF : Oui.

JKR : Avant de le leur faire faire.

SF : Vous l’avez fait avec Rogue [Snape en anglais] et tout ce qui l’entoure : il a trois « s » dans son nom, sa maison a un « s », et l’ensemble est, vous savez, herpétique, je pense que c’est l’adjectif qui convient.

JKR : Oui, c’est vrai.

SF : On a parlé du côté serpent, maintenant, une question qu’on vous pose très souvent, j’en suis sûr : pour plusieurs des générations à venir, Harry Potter est le héros idéal pour les enfants. Mais il n’existait pas quand vous étiez enfant. Avec qui aimiez-vous vous évader, avec qui rêviez-vous d’être ?

JKR : Il y en avait des tas.

SF : Des tas.

JKR : J’aimais bien l’héroïne de The Little White Horse parce qu’elle était quelconque, comme moi, alors que la plupart des héroïnes sont très belles.

SF : Oui.

JKR : Elle avait des taches de rousseur et des cheveux roux, et je m’identifiais beaucoup à elle.

SF : Eloise était un peu comme ça, aussi.

JKR : Oui, j’adore Eloise.

SF : Moi aussi.

JKR : Il y en avait tellement. J’aime beaucoup E. Nesbit. Je pense que c’est l’auteur pour enfants à laquelle je m’identifie le plus.

SF : Oui.

JKR : Elle n’était pas très sentimentale.

SF : Non, c’est vrai.

JKR : Et elle aimait mettre des détails bizarres [Stephen rit] Alors, euh, oui, je la trouvais très, très bonne. Je pense que les femmes écrivains, en général, sont moins sentimentales que les hommes en ce qui concerne l’enfance.

SF : Je suis tout à fait d’accord. La fiction pour enfants est étrange. Il y a le style aventure vécue par un garçon…

JKR : Oui.

SF : … dont le meilleur exemple, à mon avis, est L’Île au Trésor.

JKR : Oui.

SF : Qui est l’un des livres les mieux écrits, tous genres confondus.

JKR : En effet, c’est un ouvrage merveilleux que j’aime beaucoup, moi aussi.

SF : C’est un superbe livre, n’est-ce pas ? Et il n’y a presque aucune femme dedans.

JKR : C’est vrai.

SF : Et ce que vous avez fait, c’est que vous avez écrit un livre d’aventures vécues par un garçon, mais…

JKR : Mais avec des filles [rires].

SF : C’est aussi un livre de filles, ce qui est extraordinaire. Et, vous savez, peut-être qu’on ne devrait pas trop parler des sexes : je me rappelle avoir lu un livre de Martin Amis – je crois que c’était The Information – et les personnages ont une énorme dispute à propos de ce même sujet. Il quitte la table parce qu’on parle de, vous savez, on dit que « les femmes lisent un certain genre de livres et les hommes un autre ». Et ce sera toujours ainsi.

JKR : Oui.

SF : Mais est-ce que vous trouvez… J’imagine que vous recevez davantage de lettres de femmes et de filles, simplement parce que les filles sont meilleures pour écrire des lettres, comme vous dites [rires].

JKR : J’ai une théorie : j’en reçois à peu près cinquante pour cent de chaque, et ma théorie est que les parents sont si contents que leurs fils lisent qu’ils les poussent à m’écrire dans l’espoir que leur enthousiasme ne faiblisse pas. Et, parfois, j’ai reçu des lettres extraordinaires écrites par des garçons, des lettres très très touchantes écrites par des garçons. Et même plus touchantes, en particulier quand il s’agit d'une lettre manifestement écrite par quelqu'un qui ne trouve pas très facile d'écrire, et qui me dit que c'est le premier livre qu'ils aient jamais lu et qu'ils l'ont beaucoup aimé.

SF : C'est un compliment formidable.

JKR : Oh oui, absolument.

SF : Et à cette merveilleuse pensée, vous devez rougir un peu...

JKR : Oui, je deviens toute rouge et fébrile [tous deux rient].

SF : Exactement, oui. "A quoi peut bien servir un livre qui n'a ni images ni dialogues ?", se demandait Alice dans Alice au Pays des merveilles, qui est pourtant un livre, à mon avis, que les adultes aiment plus que les enfants.

JKR : Je suis d'accord.

SF : Mais c'est une remarque merveilleuse, et très sophistiquée, c'est pourquoi les adultes aiment tant Alice. Je me demandais si, en plus du coût d'impression de votre premier livre, Harry Potter à l'Ecole des sorciers, la question des illustrations s'était présentée ? Ou si c'était simplement : "Bon, c'est le plus gros livre pour enfants que nous ayons jamais publié..."

JKR : Oui.

SF : La longueur. Nous n'allons pas ajouter des frais supplémentaires en nous payant un Quentin Blake ou qui que ce soit d'autre.

JKR : Non. Mais vous avez absolument raison, c'était exactement le problème. Ils pensaient également que des illustrations pourraient le diriger vers un public plus jeune que celui qu'ils visaient.

SF : Oui. Je pense qu'ils avaient raison.

JKR : Ils avaient raison. Dans l'édition américaine, qui est très belle, je dois l'admettre, il y a de tout petits dessins au début de chaque chapitre, et j'aime bien ça. C'est juste un avant-goût de ce qui va se passer.

SF : Oui.

JKR : Mais ils ne prennent pas toute la page.

SF : Pas des planches en couleur [des illustrations imprimées sur un papier plus épais que le reste du livre].

JKR : Exactement, mais avant j'adorais les planches en couleur. Je feuilletais les livres pour les trouver avant de commencer à lire.

SF : Oh, absolument. Absolument. Elles avaient une odeur spéciale, parce que le papier était brillant, différent.

JKR : Elles avaient une odeur très spéciale.

SF : Oh, et parfois elles étaient effrayantes.

JKR : Oui.

SF : On savait que celle qu'on n'aimait pas arrivait bientôt.

JKR : Ouais.

SF : Je me les rappelle toutes. C'est bizarre, hein ? En parlant des Etats-Unis, c'est Scholastic qui vous publie là-bas, je crois.

JKR : Scholastic, oui.

SF : Je me souviens que vous m'aviez parlé de votre première séance de dédicaces aux Etats-Unis et...

JKR : Oh oui.

SF : Vous vous attendiez à ce que quelques garçons viennent, avec une cicatrice maladroitement dessinée sur le front, mais vous avez eu...

JKR : Il y a eu...

SF : Vous avez eu une femme en dorures.

JKR : C'est exact.

SF : Parlez-nous-en !

JKR : J'ai reçu une femme habillée exactement comme la Grosse Dame, avec un cadre accroché au cou. C'était extraordinaire, et jamais plus je n'aurai davantage l'impression d'être une pop-star [SF rie]. J'ai passé la porte dans le fond du magasin, et il y a eu des hurlements, de vrais hurlements, et des flashes, et je ne savais plus où j'étais. J'étais complètement désorientée. Je crois que, comme un système défensif, quand ce genre d'événement est terminé, je me ferme, je pense que j'ai besoin de me refermer sur moi-même et de me dire que c'était vraiment étrange. Puis je dois retourner à mon bureau et me persuader que mon monde s'y limite.

SF : Ouais.

JKR : Moi-même, je trouve cette question très difficile, et pourtant c'est moi qui ai inventé les personnages alors je ne vois pas pourquoi vous trouveriez plus facile d'y répondre, mais je vais la poser quand même. Y a-t-il un personnage auquel vous vous identifiez particulièrement ?

SF : La sagesse infuse et le caractère...

JKR : De Dumbledore.

SF : ... légèrement malicieux de Dumbledore. J'ai toujours eu cet amour des grands enseignants. Avec le premier personnage de fiction que j'ai [inintelligible] créé était pour une émission de radio, c'était un vieux professeur de Cambridge, Donald Trefusis.

JKR : J'écoutais Donald Trefusis, oui.

SF : Vous rappelez-vous d’un archevêque de Canterbury, Ramsay, le dernier des grands primats monumentaux de l’église anglicane ? Je ne parle pas des singes, bien sûr. [JKR rie] Et je me souviens l’avoir vu interviewé par une sorte de Malcolm Muggeridge, qui disait, « Vous devenez quelqu’un de vraiment sage ». Il a répondu, « Le suis-je, suis-je sage, je me demande, suis-je sage ? » [les deux rient] Et l’intervieweur a répondu, « Et bien, Votre Grâce, peut-être pourriez-vous expliquer ce que vous pensez qu’est la sagesse ? » « La sagesse, la sagesse, mmmm, la sagesse, je pense que c’est la capacité de se débrouiller.

JKR : Oh, est-ce…

SF : Ce qui est une merveilleuse définition, vous savez. C’est tellement vrai, je veux dire, qu’elle vient, comme vous le savez, la sagesse est le royaume de l’esprit, c’est l’esprit, le savoir de l’intelligence, le mot allemand du savoir, wissenschaft [ndlt : Science en allemand], etc., et dans l’esprit il y a un merveilleux…

JKR : Vous voyez, vous êtes Dumbledore. [SF rie] Un professeur inné.

SF : Et ce sentiment d’être capable d’assumer les choses.

JKR : Oui.

SF : Ce n’est pas tout à fait cela, selon vous.

JKR : Non.

SF : et vous ressentez…

JKR : quelque chose de complètement différent.

SF… qu’avec cette qualité merveilleuse, quoique parfois fatigante, que possède Dumbledore, parce qu’il a tellement d’expérience, et il est capable de faire face aux évènements, mais il préfèrerait presque n’en être pas capable.

JKR : Absolument. C’est exactement ça. Dumbledore explique qu’il regrette d’avoir toujours dû être celui qui savait, et qui supportait le fardeau du savoir. Et il préfèrerait ne pas savoir.

SF : Mais de tous, bien sûr, c’est Harry Potter qui est l’élu, car il est le point de conscience dans le livre. Harry est celui qui est... qui subit tous les tests et les épreuves par le feu et toutes les choses de ce genre. Et comme tout héros, vous vous mesurez à lui. Et il y a des moments, quand je pense que je m’enfuirais simplement, ou que je ne m’en occuperais pas. Je ferais un geste avec ma baguette, même si je ne suis pas supposé le faire, vous savez.

JKR : Mon commentaire préféré sur Harry, au moment du premier livre… venait d’un écolier, qui avait été interviewé à la télévision, et qui me demandait pourquoi j’aimais tellement Harry – le personnage -, et il disait, « il ne semble pas savoir ce qui se passe, souvent, et je ne le sais pas non plus. » [SF rie].

SF : Oh, c’est tellement bon ! Je suppose qu’il y a des moments, quand vous – vous savez, je pense que je vous l’ai dit quand j’ai lu pour la première fois l’Ordre du Phénix – aviez-vous besoin d’être aussi cruelle avec lui ?

JKR : Et bien, le Phénix, je dirais, pour ma propre défense – Harry devait subir cela, à cause de ce que j’essaie de dire à propos de Harry comme héros. Car c’est un héros très humain, et il y a bien sûr un contraste entre lui, en tant que héros humain, et Voldemort, qui s’est délibérément déshumanisé.

SF : Oui.

JKR : Et Harry, par conséquent, devait atteindre le point où il s’écroulait presque, et dire qu’il ne voulait plus jouer, qu’il ne voulait plus être un héros – et il avait tellement perdu. Et il ne voulait plus perdre personne d’autre. Donc – le Phénix est le moment où j’ai décidé qu’il éprouverait cette dépression nerveuse.

SF : C’est vrai.

JKR: Et maintenant il s’élèvera renforcé des cendres.

SF : C’est une telle énergie primaire, particulièrement avec les enfants, et on la perd, je suppose, à nos dépens, le refus de l’injustice, qui est l’une des premières forces motrices dans tous les livres, n’est-ce pas ?

JKR : Le sentiment du garçon de 12 ans qu’ils ont accusé à tort – le sentiment enflammé de l’indignation. Vous avez raison, nous ne devrions pas perdre cela.

SF : Oui.

JKR : Mais on le perd, souvent.

SF : Oui.

JKR : Les adultes le perdent.

SF : Oui. Non, c’est plutôt vrai.

JKR : Je pense que la chose que je trouve la plus extraordinaire est –je ne sais pas combien de personnages j’ai introduit pour le moment- comment trouvez vous des voix pour eux ?

SF : Ce n’est pas facile de répondre. Je veux dire, si souvent ils sont là et j’espère que, de façon générale, je…si ce n’est exactement la voix que vous imaginez, j’ai fait quelque chose qui s’en rapproche. Je veux dire, il y a des personnages comme Tonks pour qui, pour une raison où une autre, j’ai instinctivement senti qu’elle avait un peu ce, vous savez, cet accent à la Jane Horrocks. [JKR rit] Et il m’a semblé que ça lui allait parfaitement.

JKR : En effet, oui.

SF : Et je pense que Celia, la productrice, avait la même idée en tête, ce doit être ça…

JKR : Mmhmm.

SF : Et pourtant vous l’avez fait, il n’y a pas de « “put wood in th’ole…”

JKR : Non.

SF : Et a propos de cette écriture nordique. C’est quelque chose qui est là. Et je suis sûr que c’est parfois inconscient de votre part, vous décrivez un personnage plutôt petit qui utilise des expressions qui me font penser : « Oh, ça ressemble à un Londonien, ou c’est un personnage âgé, ou un personnage jeune. »

JKR : Parce que vous saviez que Hagrid venait de l’Ouest.

SF : Oui.

JKR : Et c’était la seule chose dont je voulais vous prévenir avant que vous ne commenciez à lire, et mon avion a eu du retard. C’était la première fois que nous nous rencontrions. Et je suis arrivée et la première chose que vous m’avez dite était : « J’ai imaginé Hagrid comme quelqu’un venant du Somerset ».

SF : Oui.

JKR : Et j’ai pensé « Merci mon Dieu ! », parce que j’avais pensé que si vous l’aviez imaginé venant de Glaswegien [SF rit] vous savez, ça aurait pu…c’était le seul personnage dont je voulais absolument que l’on reconnaisse l’accent.

SF : Oui, oui.

JKR : Ce que j’aime vraiment dans votre lecture, c’est que les accents ne sont pas dérangeants. Je n’ai pas le sentiment que vous essayez de faire une sorte de performance de virtuose de « Ce sont tous les accents que je peux faire. », ou de différentes voix. Vous ne constituez pas une barrière entre l’auditeur et l’histoire, je pense. Vous voyez ?

SF : Je vois exactement…

JKR : Vous voyez ce que je veux dire ?

SF : C’est précisément mon but, de ne pas me mettre en travers du chemin.

JKR : Oui.

SF : Pour les gens c’est comme ne pas entendre la voix après un moment. Et vous savez quand on lit, parfois on la perd, alors on doit revenir en arrière et…

JKR : Oui.

SF : …parce qu’on est conscient des lettres, des mots. Ce qui fait qu’on peut lire un chapitre entier sans avoir eu l’impression d’avoir tourné une page.

JKR :Mmhmm.

SF : Je veux dire, vous savez, il n’y a pas d’encre ni de papier. Et ça doit être la même chose avec ma voix quand ils l’écoutent, vous savez. Il y a le premier paragraphe ou presque, et ensuite leur esprit c’est le monde des Dursleys, et de Poudlard, et le Magicobus, et ils ne remarquent pas que je le fais. Et Celia, la productrice et Helen sont vraiment douées pour veiller à ce que je ne surjoue pas une voix ou une mimique, ne pas trop en faire. Et le seul autre problème est le rythme, vous savez…

JKR : Oui.

SF : Je pense que c’est tellement important de « rafraîchir » une page.

JKR : Oui, Oui.

SF : Vous voyez ? Parce que sinon on peut un peu s’endormir.

JKR : Mmhmm.

SF: Et…mais on ne doit pas pour autant en faire trop.

JKR : Je crois que je ne devrais pas vous emmener sur ce terrain, mais y a t’il des scènes que vous avez particulièrement, où dont vous vous souvenez, aimé lire ?

SF : Euh, et bien…toute ce passage frissonnant à l’apogée de l’Ordre du Phénix, vous savez, dans les entrailles du Ministère de la Magie et ce qui vient après. J’aime le fait que c’était si effrayant, terrifiant et dramatique et j’ai adoré, vous savez, mettre en place la tension et aussi, les étranges boules de verre et, ce qu’ils sont censés faire pour ensuite être coincés derrière des portes.

JKR : Quelques enfants m’ont dit qu’ils l’avaient mieux perçu quand vous leur aviez lu que lorsqu’ils l’avaient lu eux-mêmes, et je pense que c’est parce qu’avec « Phénix », parce que les gens avaient eu à l’attendre 3 ans, ils ont foncé à travers le livre.

SF : Ils ont lu trop vite. Ils ont sauté en avant et ont perdu le fil.

JKR : Ils l’ont littéralement dévoré. Exactement. Et ensuite des lecteurs m‘ont dit : « Je l’ai relu et il y a beaucoup plus de choses que je ne le pensais. » Et c’est parce que tu l’as lu en une après-midi, n’est-ce pas ? Donc vous écouter, je pense, leur a réellement permis d’avoir des repères.

SF : Est-ce vrai que vous avez tout planifié ?

JKR : Oui, c’est exact.

SF : C’est surprenant.

JKR : Oui, je sais ce qui va se passer à la fin. Et quelque fois, j’ai des sueurs froides quand quelqu’un devine quelque chose de très proche, et ensuite je panique et je pense : « Oh, est-ce si évident ? » et ensuite quelqu’un dit quelque chose qui est si loin du compte que je pense « Non, ce n’est pas du tout si évident que ça ! ».

SF : Bien.

JKR : Je me laisse toujours de la marge pour prendre un peu de distance par rapport à la trajectoire, mais le plus souvent je la suis. Tant de choses dans les six premiers livres sont liées à ce qui se passe dans le septième. Et on dérape en quelque sorte, directement de la fin du six au sept. Vous savez, ce n’est pas l’aventure discrète que les autres ont tous été, même si il y a le thème sous-tendant du face à face entre Harry et Voldemort, dans chaque cas, et –vous le savez mieux que quiconque- il y a une aventure qui s’est résolue elle-même.

SF: Oui, exactement.

JKR : Alors que dans le tome 6, bien qu’il y ait une fin qui pourrait être vue comme définitive en un sens, on sens vraiment fortement que l’intrigue n’est pas finie et que ça va continuer.

SF : Oui.

JKR : C’est un sentiment bizarre. Pour la première fois je suis très consciente que je suis en train de finir.

SF : La fin de la bande est proche.

JKR : La fin est en vue, oui.

SF : C’est extraordinaire.

JKR : Oui.

SF : Vous écrirez toujours parce que c’est un besoin que vous avez. Est-ce que vous imaginez que vous écrirez pour des enfants la prochaine fois que vous ferez quelque chose de nouveau?

JKR : Euh…il y a un…

SF : Ecririez vous pour des enfants qui étaient enfants et qui sont maintenant adultes ? Qui étaient votre première génération ?

JKR : Les pauvres, jamais débarrassés de moi. Euh…je ne sais pas. Sincèrement, je ne sais pas. Je suis…il y a un autre livre pour enfants qui moisit en quelque sorte dans un placard et que j’aime plutôt, qui est pour des enfants un peu plus jeunes, je dirais. Mais il y a d’autres choses que j’aimerais écrire, aussi. Mais je pense que j’aurais besoin d’un bon pseudonyme et de faire ça en secret.

SF : Oui.

JKR : Parce que j’ai très peur, vous imaginez…

SF : Oh, absolument.

JKR : …de l’insupportable battage publicitaire…

SF : Oui.

JKR : …qui s’occuperait d’un livre post-Harry Potter…

SF : Oui.

JKR : ….et je ne suis pas sûre d’attendre cela impatiemment.

SF : Bien, avec cet incursion tentante vers le futur pour Jo, et la question qui reste en suspend de savoir si nous reconnaîtrons son travail post-Potter, nous nous sommes séparés et j’ai expédié 600 pages de plus sur Harry. J’attends impatiemment le tome 7. Comme de nombreux fans, je veux savoir ce qui se passe à la fin. Mais je ne veux pas réellement que la fin arrive.





Interview traduit par Hedwige, Nikopol54, Pegase et Jessica.
Version originale en anglais disponible sur le site de Quick Quote Quill.

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