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 Sujet du message: Les anglais savent écrire
MessagePosté: 30 Juil 2007 0:03 
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Avez-vous déja remarqué combien d'écrivains à grand succès d'oeuvres dites de "fantasy" sont originaires de la perfide Albion ?

Pour ne cité que les plus célèbres : Rowling, Tolkien, Lewis, Caroll et, the last but not the least, Pullman bien entendu.

A ce sujet, voici un petit article parut dans le monde. (je parle du journal bien sur ^^)

Citation:
Madeleine, 11 ans, a tagué sa chambre avec les noms de ses héros : Lyra, Hagrid, Frodon, Lucy... Elle vit avec eux, dans une sorte de famille parallèle. En attendant la parution en français, le 26 octobre, de Harry Potter et les reliques de la mort, elle relit l'énorme compilation (1 024 pages) de A la croisée des mondes, de Philip Pullman, publiée chez Gallimard. Elle a essayé de lire d'autres livres, comme Peggy Sue de Serge Brussolo, mais, tranche-t-elle, "les meilleurs, c'est les Anglais".

Etonnant discernement. Car si l'on considère les plus grands succès de la littérature enfantine dans la catégorie "fantasy", tous ou presque sont britanniques : Harry Potter, de Joanne Kathleen Rowling, A la croisée des mondes, de Philip Pullman, Le Monde de Narnia, de Clive Staples Lewis et, bien sûr, Le Seigneur des anneaux, de J. R. R. Tolkien. Comment expliquer que les Anglais soient les champions de la "fantasy", terme difficilement traduisible, qui recouvre un mélange de fantastique, d'animisme magique et de merveilleux ? Un genre littéraire peut-il avoir à faire avec le génie d'un peuple ?

"Une thèse entière n'épuiserait pas la question", plaisante l'angliciste Jean Vaché, professeur à l'université Montpellier-III, qui voit dans la "fantasy" une "résurgence des littératures antiques et médiévales européennes". En Angleterre, cette veine ne s'est jamais éteinte. "Shakespeare n'a inventé ni Puck ni la reine Mab, très présents dans le folklore britannique, rappelle-t-il. Milton, dans son poème de jeunesse L'Allegro, met à nouveau en scène Puck, le lutin farceur qui vient de nuit boire la crème du lait et disparaît au chant du coq." Avant eux, l'Angleterre et l'Irlande avaient donné ce qui est, selon Jean Vaché, "le plus beau roman de "fantasy" jamais écrit", The Fairy Queen, immense poème narratif "plein de dragons, d'elfes, de sorcières, d'arbres enchantés (copiés par Tolkien), de preux chevaliers, de géants, de maléfices et de jardins enchantés". "Vous voyez, dit-il, Mrs Rowling est nettement enfoncée..."

RICHE SUBSTRAT LITTÉRAIRE

A ce riche substrat littéraire (auquel il faudrait ajouter la légende arthurienne), s'ajoute une propension toute britannique à passer de l'autre côté du miroir. "Les Anglais excellent à faire ce pas de côté, à montrer cette minuscule échancrure par où tout bascule", souligne Christine Baker, des éditions Gallimard. Basée à Londres, cette talentueuse éditrice a découvert Rowling et Pullman bien avant qu'ils ne soient connus : "Chez C. S. Lewis, c'est la traversée de l'armoire aux vieux manteaux qui vous propulse dans une forêt de pins enneigée. Chez Rowling, le mur de King's Cross dans lequel il faut foncer, les yeux fermés et les dents serrées, pour atterrir sur le quai 9 3/4", ou comme chez Lewis Carroll, le terrier du lapin blanc où Alice n'en finit pas de tomber, avant d'arriver à Wonderland. "L'ailleurs n'est pas forcément enchanteur : l'idée est qu'une autre réalité coexiste avec celle que nous voyons" et que le visible et l'invisible sont indissociables. Pourquoi les Anglais sont-ils si à l'aise dans ce parallélisme ? "Peut-être parce qu'ils n'ont aucun embarras à écrire pour la jeunesse, note Christine Baker. Voyez Stevenson ou Kipling : enfance et littérature, c'est le même univers et la capacité à entrer dans le rêve."

Pour expliquer cette dualité, Philip Pullman propose une hypothèse plus littéraire encore, évoquant "le côté double de la langue elle-même". "L'anglais est une chimère, précise-t-il. Moitié anglo-saxon moitié franco-normand, c'est un outil d'une magnifique flexibilité, capable d'exprimer dans la même phrase le coarse (trivial) et le subtil. Tout le théâtre de Shakespeare en regorge. Et de même que Claude Monet a trouvé dans le smog londonien quelques-uns de ses plus beaux effets, de même n'importe qui, écrivant en anglais, vous parlera de la puissance de suggestion, de la musique, du mystère de cette langue."

Philip Pullman, auteur des Royaumes du Nord, qui travaille actuellement à un livre intitulé The Book of Dust (le Livre de la poussière) - "un long roman où Lyra a 16 ans et où l'on retrouvera d'autres personnages de ma trilogie" -, dit avoir été influencé par Shakespeare et Milton, admirer Lewis Carroll mais ne trouver aucun intérêt à Tolkien, dont la prose est, selon lui, pudibonde et "truffée d'archaïsmes".

Des points communs relient Rowling, Pullman, Lewis et Tolkien. Le plus frappant est que tous relèvent de la school story. "Le pensionnat est le cadre idéal pour toute histoire destinée à la jeunesse", note Sara Poole, professeur de littérature à l'université de Reading. "C'est une vraie communauté d'enfants où les adultes n'ont qu'un rôle d'arrière-plan." D'où la fortune du genre depuis au moins sept décennies. "Aujourd'hui, on revisite des classiques comme The Chalet School Girls ou la série Dimsie, dit-elle. Mais le génie de Rowling - comme celui des trois autres, tous enseignants ou ex-enseignants à Oxford ou à Cambridge - est d'avoir réussi cet amalgame entre la tradition fantastique à l'échelle de l'épopée et celle de la school story. On se demande pourquoi on ne l'avait pas fait avant. Jill Murphy avait testé le genre apprenti sorcier avec The Worst Witch, mais pas avec le même talent."

Mais pourquoi ce qui est typiquement anglais s'exporte-t-il si bien ? Sans doute parce que ces oeuvres charrient des valeurs universelles : l'enfant incompris enfin révélé à lui-même et aux autres, une certaine vision du bien et du mal, un arrière-fond métaphysique présent chez tous... Une chose est sûre, en tout cas, si les Américains font des challengers honorables - notamment Christopher Paolini avec Eragon ou Lemony Snicket avec Les Orphelins Baudelaire -, les Français, eux, restent loin derrière les auteurs britanniques.


Et vous ?

Quelle est votre explication au fait incontestable que, oui, même s'ils ne savent ni préparer des plats mangeables ni boire de la bière sans que ça tourne en bagarre, nos amis anglais sont surement les plus grands en matière de fantasy ?


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MessagePosté: 31 Juil 2007 19:21 
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Vendeur zélé chez Barjow & Beurk
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Localisation: Paris, librairie anglaise, devant le rayon d'heroïc fantasy!
Une explication? Je n'en ai aucune.
Seulement je constate que la littérature fantasy est principalement écrite par des Anglais (Brittaniques au moins). N'est cité ici qu'un échantillon d'auteurs brittaniques, il y en a d'autres!!!
De plus, lire en vo, apporte une autre dimension à une oeuvre déjà riche par elle-même. Je parle là de la langue anglaise.
Comme le fait remarquer Castel, les Anglais ont bien des défauts, mais là ils sont forts, très forts.


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MessagePosté: 31 Juil 2007 21:02 
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Inscription: 03 Aoû 2004 22:57
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Il y a pourtant des tas d'auteurs francophones qui gagnent à être reconnus.
Cependant, même si les choses évoluent, le poids des pays anglo-saxons fait que les éditeurs prennent moins de risques en publiant une traduction d'un auteur déjà reconnu chez lui (ou en phase de l'être) qu'un auteur de chez nous totalement inconnu.

De plus, et même si la tendance est à l'embellissement, la fantasy est encore perçue comme un truc de gamins en notre contrée... et ce n'est pas les adaptations en films de quelques œuvres, certes éminemment respectables (du moins pour certaines), mais néanmoins fortement axée "jeunesse", qui corrige le tir.

Les anglo-saxons ont moins ce problème, si je ne m'abuse, de "crédibilité" de la fantasy face aux ténors de l'autobiographie ou du roman dit de société. Peut être justement du fait que il reste un folklore vivace.
Nous, on a eu Descartes...

Mais, sûr que nous avons de bons auteurs...ils sont juste moins exposés.

_________________
Valar Morghulis.

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Bran Darkraven


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MessagePosté: 31 Juil 2007 21:39 
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Inscription: 29 Déc 2004 22:24
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Citation:
Les anglo-saxons ont moins ce problème, si je ne m'abuse, de "crédibilité" de la fantasy


Point intéressant.

Parce que bon, qu'on le veuille ou non, c'est vrai que chez nous les auteurs de fantasy, SF, steampunk ou je ne sais quoi d'autre encore ne sont vraiment pas over super considérés.

On dirait que pour certains de nos compatriotes si ça vient d'ailleurs, on peut donner une chance, si ça vient de chez nous, ça vaut pas le coup. (héhé, j'ai fait une rime ^^)


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 Sujet du message: Re: Les anglais savent écrire
MessagePosté: 31 Juil 2007 23:38 
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Inscription: 09 Déc 2003 19:15
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castel a écrit:

Citation:
A ce riche substrat littéraire (auquel il faudrait ajouter la légende arthurienne)


Saycon, la légende arthurienne ça part de Chrétien de Troyes and co. Et c'était des ... français (enfin, j'avoue qu'à l'époque c'était pas très clair).
Ils nous ont tout piqué les anglais! C'est tout !

_________________
Baignons nos mains dans le sang jusqu'au poignet, couvrons-en nos glaives. Et puis nous sortirons, nous irons au Forum et, brandissant nos armes sanglantes au-dessus de nos têtes, clamons tous : "Paix, délivrance, liberté!"
Jules César

" ... Et la démocratie, alors même qu'elle triomphait enfin de ses ennemis séculaires qu'étaient les dictatures sous toutes leurs formes, se retrouve condamnée en son sein même par un ennemi beaucoup plus impitoyable : le bien-pensant, dressant bien haut l'étendard taché de sang des droits de l'homme"


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MessagePosté: 01 Aoû 2007 20:36 
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Inscription: 29 Déc 2004 22:24
Messages: 1809
Rapport à la légende Arthurienne il faut voir que ça a une longue histoire ce mythe aussi.

Car même si ça "part" de Chretien de Troy et consort c'est un mythe qui a connu des tonnes de retouches, additions...etc...et pas mal faites par les bouffeurs de veau à la menthe.

Il n'y avait pas vraiment de copyrights à l'époque.

Sans compter le fait que nos deux pays ont une longue histoire commune donc il y a eut énormément d'échange (de coup d'épées ^^) culturel.

L'invasion normande à eut un énorme impact dans ce sens.

ÉNORME.


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MessagePosté: 02 Aoû 2007 18:13 
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Elève facétieux de Poudlard
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Inscription: 10 Déc 2006 19:02
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castel a écrit:

On dirait que pour certains de nos compatriotes si ça vient d'ailleurs, on peut donner une chance, si ça vient de chez nous, ça vaut pas le coup. (héhé, j'ai fait une rime ^^)


C'est intéressant ce que tu dis... c'est peut etre vrai meme. Mais personnellement quand je choisi un livre ce n'est pas forcément par rapport au nom de l'auteur ! je lis le résumé et je me fis un peu à la couverture... si ça me plait j'prends sinon c'est mort !
Et franchement lire un auteur de SF ou de Fantasy français moi jveux bien y'a pas d'problème mais ... t'as des noms ?! :)

_________________
"Si ce sont les meilleurs qui partent en premiers, que penser des éjaculateurs précoces ?" Pierre Desproges


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